HISTOIRE ET CULTURE DU TURKMENISTAN

HISTOIRE

Cinq millénaires d’istoire, à la croisée des cultures

Riche d’une Histoire de cinq millénaires, à la croisée des cultures, le peuple turkmène se distingue par une identité nationale clairement revendiquée.

Les premiers Turkmènes seraient arrivés sur le territoire actuel du Turkménistan dans le sillage des Turcs seldjoukides, au XIe siècle. Venues des contreforts de l’Altaï, ces tribus nomades d’éleveurs de chevaux s’installent dans les oasis à la frontière du désert du Karakoum, ainsi qu’en Anatolie et en Perse, coexistant avec les différentes dynasties qui écrivent l’histoire de l’Asie centrale.

Les peuples turkmènes se dispersent sous la conquête mongole aux XIIIe et XIVe siècles, protégeant farouchement leur indépendance. Au XVIe siècle, une partie d’entre eux rejoint les khanats sédentaires ouzbeks de Khiva et de Boukhara.

 

Domination russe et soviétique

À partir de leur base de Krasnovodsk (aujourd’hui Türkmenbaşy), sur la Caspienne, les Russes vainquirent les khanats ouzbeks. En 1881, les dernières poches de résistance furent écrasées. Le Turkménistan et les territoires ouzbeks furent annexés à l’Empire russe.

En 1924, la République socialiste soviétique turkmène fut constituée et intégrée à l’Union soviétique. À la fin des années 1930, la soviétisation, notamment de l’agriculture, avait détruit tout ce qui restait du mode de vie nomade du Turkménistan.

En 1948, un tremblement de terre de 7,3 sur l’échelle de Richter détruisit la ville d’Achgabat, tuant quelque 110 000 personnes, soit sensiblement les deux tiers de la population de la ville.

Pendant presque un demi-siècle, le Turkménistan demeura éloigné des principaux événements de l’histoire mondiale, se bornant, sous la férule des dirigeants du PC turkmène, à jouer le rôle économique que lui assignait Moscou dans le cadre de l’Union soviétique.

 

Naissance d’un Etat indépendant

À la fin du XXe siècle, le Turkménistan a retrouvé son indépendance, fixée par la Loi constitutionnelle du 27 octobre 1991.

Le nouveau pouvoir lance de grands projets d’investissement et de modernisation de ses infrastructures et de son industrie, dont la rénovation complète d’Achgabat et la valorisation du potentiel gazier et pétrolier du pays. Il mène une politique affirmée d’indépendance nationale.

Le gouvernement du nouvel État indépendant a aussitôt entrepris de grands projets d’investissement et de modernisation de ses infrastructures et de son industrie, dont la rénovation complète d’Achgabat et la valorisation du potentiel gazier et pétrolier du pays. Il mène une politique affirmée d’indépendance nationale fondée un modèle propre de développement, la renaissance de la culture nationale et la restitution objective de l’histoire. La monnaie nationale, le manat, a été mise en circulation, de nouvelles opportunités ont été créées pour le secteur industriel du pays, une école diplomatique nationale a été ouverte, etc.

En décembre 1995, l’assemblée générale des Nations unies a adopté une Résolution sur le statut de neutralité permanente du Turkménistan. Ce statut, dont le pays a fêté le vingtième anniversaire en 2015, est un élément constitutif fondamental de la politique extérieure turkmène.

En février 2007, lors de l’élection présidentielle au suffrage universel, Gourbangouly Berdymoukhamedov a été élu à la tête de l’État turkmène avec plus de 89 % des suffrages. En février 2012, il a été largement réélu au poste suprême du pays.

CULTURE

Les Turkmènes sont traditionnellement un peuple de cavaliers nomades. Jusqu’à la période soviétique, ils n’ont jamais constitué une véritable nation. Partagés en clans dont chacun possédait son propre dialecte, son style d’habillement et son folklore, ce qui a conduit à la diversité culturelle actuelle du peuple turkmène, renforcée par des apports à la fois orientaux et russes. Cette diversité se manifeste dans l’artisanat local, notamment dans les motifs variés des célèbres tapis turkmènes qui trouvent leur origine dans les ornements qui permettaient de distinguer entre eux les différents clans.

L’un des éléments caractéristiques des vêtements masculins traditionnels est la haute toque en peau de mouton appelée « telpek ». Les hommes portaient des caftans rouges sur des chemises blanches et les femmes, dont les coiffures étaient généralement ornées de bijoux en argent, étaient vêtues de longues robes portées sur des pantalons étroits brodés à la cheville. Les cheveux des femmes étaient généralement ornés de bijoux en argent.

Du point de vue religieux, la majorité des Turkmènes sont musulmans sunnites et pratiquent un Islam éloigné de tout militantisme religieux.


Littérature

Malgré le nomadisme, la littérature – poésie – turkmène existe depuis des siècles. À l’origine, les poèmes, rapportés par des conteurs chanteurs, se transmettaient oralement de clan en clan et de génération en génération. Le plus célèbre d’entre eux, le Livre de Dede Korkout, un poème épique composé au VIIIe siècle, ne fut retranscrit en turc et en turkmène qu’au milieu du XVIe siècle.

Malgré la diffusion de l’écriture arabe suite à l’adoption de l’Islam, la poésie turkmène se développa sur sa propre langue. Le poète national du Turkménistan est Magtymguly (c. 1720-1880). Avec ses disciples Seitnazar Seidi (1775-1836) et Kourbandourdi Zelili (1780-1836), il fut à l’origine de la littérature turkmène qu’ils émancipèrent de la poésie persane. Il convient également de citer le satiriste Mammetweli Kemine (c. 1770-c. 1840).

La prose et la dramaturgie turkmènes prirent réellement leur essor pendant la période soviétique. Parmi les écrivains turkmènes les plus renommés, il convient de citer le poète, romancier et dramaturge Berdy Kerbabaïev (1894-1974), ainsi que le romancier et nouvelliste Nurmyrat Sarykhanov.

Musique

La musique turkmène est d’origine pastorale et rurale. Elle était jouée par des bardes nomades, les bakhchi(souvent également des guérisseurs), qui s’accompagnaient du dotar, le luth traditionnel d’Asie centrale.

Les chants folkloriques d’aujourd’hui sont directement inspirés de l’art des bakhchi et reprennent des poèmes et des épopées, comme celle de Görogly, composée de plus de deux cents chants dont plus personne ne connaît le répertoire entier.

Mais il existe également une forme de musique savante issue de la même tradition, avec le mukamlar, un répertoire instrumental dédié au dotar ou la flûte. Neuf pièces maîtresses sont reprises avec des variantes et des improvisations au gré des interprètes.


Tapis turkmènes

Les tapis constituent l’un des principaux objets de l’artisanat turkmène et certainement l’un des plus élaborés. Un musée leur est consacré à Achgabat. Il possède la plus grande collection de tapis turkmènes, depuis le Moyen Âge jusqu’à nous jours. Mais la tradition remonte à l’âge du Bronze et s’est perpétuée en se raffinant au fil des âges. Un voyageur français du XIXe siècle écrivait : « La femme turkmène est un artiste et les tapis qu’elle fait sont les plus beaux et durables. »

Les motifs qui illustrent les tapis, les guls, sont des motifs tribaux ancestraux. Au nombre de cinq, ils permettent d’identifier les clans qui composent le peuple turkmène. À ce titre, ils figurent aussi sur le drapeau du Turkménistan et sont souvent repris dans d’autres arts et artisanats.

Sites turkmènes inscrits au Patrimoine mondial de l’UNESCO

  • Merv, ville antique qui devint l’une des principales étapes d’Asie centrale sur l’ancienne Route de la Soie, dans la province de Mary.
  • Ourguentch (Gurgandj en persan), aujourd’hui Kounia-Ourguentch, ancienne capitale des Chahs du Khwarasm, au XIIe siècle.
  • Nisa (appelée également Parthaunisa), ville ancienne située au sud-ouest d’Achgabat, considérée comme l’une des premières capitales des Parthes.