vendredi, 26 octobre 2018

La Caspienne, voie d’accès du Turkménistan vers l’Europe

Alors que le vice-président du Cabinet et ministre des Affaires étrangères du Turkménistan a mené au cours des dernières semaines d’intenses négociations sur la possibilité de construire le gazoduc Transcaspien entre le Turkménistan et l’Azerbaïdjan, qui permettrait, à terme, de livrer du gaz naturel turkmène en Europe, un comité d’experts sur l’avenir du Projet de corridor international de transport mer Caspienne-mer Noire s’est réuni à Achgabat.

Pour le Turkménistan, la signature de la Convention juridique de la Caspienne par les cinq États riverains de cette mer fermée, en août dernier, a levé un certain nombre d’inconnues qui ternissaient les perspectives d’ouverture des exportations turkmènes de gaz vers les pays européens aussi bien que la viabilité de différentes voies de transit et transport entre l’Asie et l’Europe via le Turkménistan.

En ce qui concerne le gazoduc Transcaspien, une délégation turkmène de haut niveau, conduite par Rachid Meredov, vice-président du Cabinet et ministre des Affaires étrangères, a mené des négociations à Bruxelles, le 12 octobre, avec Maroš Šefčovič, le vice-président de l’UE pour l’Union énergétique.

Selon Myratgueldy Meredov, le vice-président du Cabinet pour le gaz et le pétrole, qui participait aux discussions, l’un des principaux sujets abordés a été la mise en œuvre du projet de construction du gazoduc Transcaspien, ainsi que les aspects économiques, environnementaux et commerciaux y afférents. Il a déclaré que l’Union européenne manifestait un grand intérêt pour cet ouvrage destiné à fournir du gaz turkmène au marché européen.

Les parties ont constaté que la Convention sur le statut de la mer Caspienne a créé le cadre juridique nécessaire à la pose de pipelines sur les fonds marins et que, désormais, seul le consentement des parties impliquées – le Turkménistan et l’Azerbaïdjan – et une évaluation environnementale répondant aux exigences strictes des normes internationales étaient nécessaires pour lancer le projet.

Cela étant posé, les négociateurs européens ont exprimé leur volonté d’aider le Turkménistan à attirer des investissements pour la construction de cet important ouvrage qui permettra également de renforcer la sécurité énergétique du continent européen. En effet, le gazoduc, une fois raccordé à d’autres ouvrages à travers le Caucase et la Turquie, permettra la livraison en Europe de quelque 30 milliards de m3 gaz naturel par an pendant au moins 30 ans.

Lors de sa récente visite à Bakou, en Azerbaïdjan, le 18 octobre, pour des consultations politiques, le vice-président du Cabinet Rachid Meredov a également eu l’occasion d’aborder avec le président Ilham Aliev et son ministre des Affaires étrangères Elmar Mammadiarov la question de la construction du gazoduc Transcaspien. À cet égard, les parties ont également souligné l’importance historique de la Convention sur la Caspienne qui ouvre la possibilité de réaliser le projet de pose de 300 km de tubes sur le fond marin dans les zones exclusives des deux pays. Les parties se sont également entendues sur l’importance du développement du transit de fret entre les ports de Türkmenbaşy et de Bakou.

Dans ce sens, une réunion quadripartite (Azerbaïdjan, Géorgie, Roumanie et Turkménistan) s’est tenue les 24 et 25 octobre, à Achgabat, pour réunir des experts internationaux sur le Projet de corridor de transport mer Caspienne-mer Noire, avec la participation de hauts représentants des quatre pays et du Bureau de contact de l’Union européenne.

Les intervenants ont tous souligné l’important potentiel économique du projet qui en fait l’un des axes prioritaires de la coopération entre les quatre États participants. Les experts ont passé en revue les infrastructures de transport existantes dans les différents pays et analysé les possibilités de les étendre et de les interconnecter. Ils ont également étudié les moyens d’accorder les différentes législations pour donner une base juridique cohérente au futur corridor.