jeudi, 29 novembre 2018

Lancement du Corridor multimodal Lapis-Lazuli

La zone touristique nationale turkmène d’Avaza a servi de cadre à une conférence de haut niveau pour le lancement du Corridor de transport et de transit multimodal Lapis-Lazuli qui raccorde les réseaux routier, ferré et maritime de l’Afghanistan, du Turkménistan, de l’Azerbaïdjan, de la Géorgie et de la Turquie pour atteindre les frontières de l’Europe.

Toutes les connexions nécessaires pour la mise en service du Corridor sont désormais en place : à partir de deux points de départ en Afghanistan, les stations ferroviaires d’Aqina et de Torghundi, à la frontière avec le Turkménistan, le Corridor mènera jusqu’au port de Türkmenbaşy, puis, par mer, à celui de Bakou. Ensuite, il conduira à Tbilissi et les ports géorgiens de Poti et de Batoumi, avant de rejoindre Kars et Istanbul.

Pour accélérer le projet, le Turkménistan a amélioré ses connexions ferroviaires avec l’Afghanistan par les tronçons Serkhetabad-Torghundi et Imamnazar-Aqina. De plus, le gouvernement turkmène a lancé l’électrification du réseau ferroviaire du pays. D’autre part, en mai 2018, l’Azerbaïdjan et le Turkménistan ont mis en service simultanément les ports modernisés de Bakou et de Türkmenbaşy. Quant au chemin de fer de Baku-Tbilisi-Kars, il donne désormais accès au système turc de transport.

Pour mettre en évidence des problèmes éventuels, un premier convoi d’essai couvrira le parcours du Lapis-Lazuli en décembre de cette année.

La conférence d’Avaza était destinée à concrétiser la réalisation du nouveau corridor de trois manières principales : 1) en consolidant la volonté des participants et des parties intéressées ; 2) en déterminant les régions où sa mise en œuvre exigera le plus d’attention, et 3) en portent à la connaissance du public ses caractéristiques essentielles.

La délégation turkmène était conduite par Mammetkhan Tchakiïev, vice-président du Cabinet chargé des transports et des communications. Il a présidé et modéré les débats auxquels ont participé les délégations des autres pays participants, conduites respectivement par Yakoub Eyioubov, premier vice-premier ministre d’Azerbaïdjan, Atchilbaï Ramatov, premier vice-premier ministre d’Ouzbékistan, Mehmet Jahit Turhan, ministre des Transports de Turquie, Mohammad Hamid Tahmasi, ministre des Transports d’Afghanistan et Akaki Sagirashvili, vice-ministre de l’Économie et du Développement durable de Géorgie.

On notait également la présence de représentants de plusieurs organisations internationales telles que l’Union internationale des transports routiers (IRU), l’Association internationale du Transport aérien (IATA), ou encore la Commission économique et sociale des Nations unies pour l’Asie et le Pacifique (UNESCAP).

L’un des buts de départ du futur corridor était de fournir un accès des produits afghans aux marchés extérieurs proches, en Asie centrale et dans le Caucase et, plus lointains, en Europe. Cependant, avec le temps, il est devenu clair que la route de transport et de transit Lapis-Lazuli doit permettre une amélioration de l’intégration économique et commerciale de l’ensemble des pays participants, d’où la volonté commune de mettre en œuvre le projet le plus vite possible.

Les participants à la conférence ont mis en évidence un certain nombre de questions qui doivent recevoir une réponse pour que le Corridor soit un succès : harmonisation des tarifs, notamment pour les services portuaires ; possibilité d’introduire des escomptes sur certains types de chargement : amélioration de la sécurité technique des transports ; création de centres de stockage ; simplification des procédures de visa pour les transporteurs routiers internationaux ; introduction de systèmes d’information avancés, etc.

À l’issue de la conférence, les ministres des Transports des pays concernés ont signé une déclaration finale par laquelle ils s’engagent à tenir des réunions régulières de manière à exécuter dans la pratique les provisions de l’accord Lapis-Lazuli et demandent l’assistance des organisations internationales et des institutions financières mondiales.