vendredi, 03 mai 2019

Le Turkménistan pourrait devenir l’un des plus grands producteurs de caoutchouc synthétique

Le développement de l’industrie de traitement chimique du gaz naturel au Turkménistan a créé des conditions propices à la production de matériaux de construction composites, de vernis et de peintures, de différents types de tissus synthétiques, de caoutchouc et d’autres produits d’étanchéité à usages divers, sans oublier des plastiques de toute sorte.

Pour le docteur en sciences techniques Annamourat Achirov, responsable de département à l’Institut de recherche scientifique du gaz naturel et l’un des principaux experts en la matière, le Turkménistan pourrait devenir, dans un proche avenir, l’un des plus grands producteurs mondiaux de caoutchoucs synthétiques dont le gaz naturel et ses produits – éthylène, propylène, butylène et benzène – sont les principaux composants.

« Le pays dispose de toutes les ressources nécessaires à la production de ce produit chimique, qui permet de remplacer efficacement le caoutchouc naturel », estime-t-il dans une interview à la presse turkmène. Actuellement, la production et la consommation mondiales de caoutchouc synthétique se situent aux alentours de 15 millions de tonnes par an, mais leur croissance annuelle est de 3 à 4 %.

Dans le processus consistant à produire du gaz naturel destiné à l’exportation, il est procédé à la séparation des composants organiques plus lourds qui peuvent être transformés en produits de base à haute valeur ajoutée. Ainsi, l’éthane et le propane sont des matières premières idéales pour le craquage thermique en oléfines (éthylène, propylène) et la production de polymères, de fibres synthétiques, de caoutchoucs et de nombreux autres produits de synthèse organique.

Pour l’économie du Turkménistan, la mise en service, en octobre dernier, de la grande usine de polymères de Kiyanly, sur la côte Caspienne, est une réalisation essentielle puisque cette entreprise sera en mesure de produire à terme, par la copolymérisation d’éthylène et de propylène, du caoutchouc éthylène-propylène, matériau précieux pour la fabrication d’une large gamme de produits en caoutchouc.

Une autre unité de production qui présentera une importance majeure dans la production de caoutchouc synthétique est l’usine GTG (Gas to Gasoline) d’Ovadan-Depe qui est presque terminée dans la province d’Akhal. Il y sera possible d’organiser la production d’une grande quantité de caoutchouc butyle qui possède la capacité unique de retenir l’air, ce qui le rend idéal pour la fabrication de chambres à air ainsi que de pneus sans chambre. Sa résistance aux réactifs chimiques permet aussi son utilisation pour des vêtements de protection. Quant à ses propriétés anti-vibrations, elles permettent de réduire les vibrations dans les pièces de moteur et autres instruments.

Ces deux exemples illustrent bien la capacité de développement de l’industrie chimique gazière vers l’organisation de nouvelles productions. En ce sens, une nouvelle étape importante sera franchie avec la réalisation du projet d’usine de traitement annuel de 1,5 milliard de m3 de gaz sur le gisement de Bagadja dans la province de Lebap. Une fois en service, elle produira 35 000 t de caoutchouc styrène-butadiène, 5 000 t de caoutchouc polybutadiène et 25 000 t de polystyrène par an.

Ces matériaux sont largement utilisés dans la fabrication de pneus automobiles et d’une grande variété de produits en caoutchouc à usage général. Les caoutchoucs styrène-butadiène et polybutadiène sont les plus demandés en raison de leurs propriétés techniques élevées, notamment leur élasticité et leur résistance à l’usure et au gel.

Il est économiquement rentable d’organiser dans une même installation la production de caoutchoucs de styrène butadiène et de polybutadiène, ainsi que polystyrène. Ces trois matériaux se complètent et élargissent la gamme de produits finis. De plus, la matière première est non seulement le gaz naturel, mais aussi le benzène, sous-produit du raffinage du pétrole.

La mise en œuvre de ces projets innovants peut faire du pays l’un des plus grands exportateurs de caoutchouc, ce qui aura un impact économique considérable. Évidemment, pour y parvenir, il faudra des investissements importants en partenariat avec des entreprises internationales. Dans le cadre de la politique nationale de substitution des importations, il va sans dire que la production locale de caoutchouc synthétique permettra la fabrication de différents produits industriels et ménagers qui doivent être aujourd’hui importés.