jeudi, 09 mai 2019

Les rives du lac artificiel Altyn Asyr se préparent à recevoir leurs futurs habitants

Lors d’une cérémonie solennelle qui s’est tenue le 8 mai, le président turkmène Gourbangouly Berdymoukhamedov a posé la première pierre de ce qui sera, d’ici trois ans, le premier village implanté sur les berges du nouveau lac Altyn Asyr (« Âge d’Or »), dans la provinces de Balkan, à la limite de celle de Daşoguz. En présence de nombreux députés du Mejlis, de membres du Cabinet des ministres, de diplomates et de représentants d’organisations internationales, le chef de l’État a inséré une note commémorative, protégée par une capsule spéciale, dans un pilier des fondations du futur bâtiment administratif central.

Il y a une vingtaine d’années, cette zone n’était qu’une énorme cuvette appelée Garachor, au milieu du désert de Karakoum. Aujourd’hui, c’est un lac artificiel, formé par la collecte des eaux d’irrigation des cinq provinces turkmènes grâce à un réseau compliqué de canaux. Encore en voie de remplissage, le lac atteindra à terme 103 km de long, sur une largeur maximale de 18,6 km et une profondeur moyenne de 70 m.

À mesure de l’agrandissement du lac, d’autres localités seront construites sur le modèle de ce premier village de manière à assurer la pérennité de l’étendue d’eau. Selon les plans du gouvernement turkmène, le peuplement des rives du lac permettra d’assurer son entretien à long terme dans une dépendance réciproque entre l’homme et la nature : les activités humaines rendront possible le maintien d’un écosystème viable qui, à son tour, constituera un élément essentiel de la vie et de l’économie des futures localités.

Dans ce nouveau village, surnommé officiellement « complexe de production sociale à grande échelle », les habitants travailleront dans les domaines de la production végétale, de l’élevage, de la pisciculture et d’autres types d’agriculture. Selon les plans, le « complexe » sera construit en deux étapes ; la première entre 2019 et 2022, et la seconde entre 2022 et 2025.

Au cours de la cérémonie ont pris la parole les représentants de nombreux programmes et agences de l’ONU : le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED), l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE), l’UNESCO, le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF), le Centre régional des Nations Unies pour la diplomatie préventive en Asie centrale, le Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP) et l’Organisation mondiale de la santé. Étaient également présents des responsables de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), de l’Union européenne, de la Banque mondiale, de la BERD et d’autres organisations importantes pour la coopération et le développement de l’Asie centrale.

À l’issue de la cérémonie, une conférence scientifique s’est tenue, consacrée à l’importance du nouveau lac en tant que grand projet visant à améliorer l’environnement ainsi que l’utilisation rationnelle de l’eau et des ressources en terres. Parmi les participants figuraient les principaux responsables des établissements d’enseignement supérieur turkmènes, des universitaires, des experts et des représentants des médias.

La pose de la première pierre du village a permis également à des personnalités et des délégations étrangères venues pour l’occasion d’avoir des entretiens diplomatiques avec les responsables du ministère des Affaires étrangères turkmène. Cela a été notamment le cas d’une délégation de l’État du Qatar dirigée par un membre de la famille royale, cheikh Faisal bin Nasser bin Hamad Al-Thani. Le Turkménistan et le Qatar partagent une même préoccupation sur le thème de la gestion de l’eau en zones désertiques.