jeudi, 23 mai 2019

Xe Congrès international du Gaz du Turkménistan – TGC 2019

La zone touristique nationale d’Avaza, près de Türkmenbaşy, a accueilli la dixième édition de la plus importante manifestation gazière de l’Asie centrale et de la Caspienne, le traditionnel Congrès du gaz du Turkménistan (TGC). Au cours des débats et en marge des conférences et tables rondes, quelque 450 participants en provenance de plus de 30 pays ont étudié les possibilités de coopération avec les partenaires turkmènes dans le domaine de l’extraction et du transit gazier et de l’industrie de transformation.

Depuis dix ans, le TGC est la principale plate-forme régionale de discussion sur l’état et les perspectives du développement de l’industrie gazière. Les pays de l’Union européenne, les États-Unis, les Émirats arabes unis, le Japon, la Chine, la Corée du Sud, la Turquie, l’Inde, l’Afghanistan, le Pakistan et les pays de la Communauté des États indépendants comptent parmi les participants réguliers de l’événement qui réunion des hauts dirigeants des plus grandes entreprises pétrolières et gazières, des structures financières, ainsi que de sociétés de services et de conseil, sans oublier des hauts fonctionnaires représentant des agences gouvernementales étrangères et certaines organisations internationales.

Le Turkménistan occupe la quatrième place dans le monde en termes de réserves de gaz naturel – plus de 50 000 milliards de m3. Grâce à cet énorme potentiel énergétique, le Turkménistan met en œuvre des projets de grande envergure afin de créer une infrastructure multivectorielle pour l’exportation de ses ressources. Le gazoduc transnational Turkménistan-Chine en est un bon exemple. Il reprend les trajets de la Grande Route de la Soie qui relie depuis des siècles les peuples de l’Eurasie.

Une autre initiative d’importance stratégique est la construction du gazoduc Turkménistan-Afghanistan-Pakistan-Inde (TAPI). Au cours des deux jours de travaux, les 21 et 22 mai, ce projet énorme a occupé une place centrale dans les débats. Un nombre important d’institutions financières internationales et de grandes entreprises étrangères, publiques et privées, ont d’ores et déjà manifesté leur intérêt pour cette véritable « autoroute » gazière qui, par-delà le sous-continent indien, permettra, à terme, l’approvisionnement du Sud-Est asiatique.

Le développement industriel du super gisement terrestre de gaz Galkynych, qui couvre plus de 4 000 km² a également fait l’objet d’une communication. À l’heure actuelle, le fonds de production du champ contient plus de 40 puits, chacun ayant un taux de production moyen de 2 millions de m3 de gaz par jour. Il est fort probable que le gisement dépasse les limites existantes vers le nord-ouest et le sud-est. Si c’est le cas, l’estimation des réserves sera révisée à la hausse.

Les nouvelles tendances de l’industrie gazière mondiale et divers aspects du développement de l’énergie durable en Asie ont été discutés lors de la session plénière. Selon les prévisions mondiales pour 2040, établies par BP Petroleum Corporation (BP World Energy Outlook, 2019), la demande mondiale de gaz naturel augmentera régulièrement. Les moteurs de cette croissance seront l’énergie électrique, la construction, les transports, la pétrochimie et d’autres industries.

Selon les prévisions de BP, la demande de gaz en Chine va plus que doubler au cours des 20 prochaines années. Comme l’a confirmé Liu Chaoquan, directeur adjoint de l’Institut des sciences économiques du pétrole et du gaz de la China National Petroleum Corporation (CNPC), à l’heure actuelle, les gazoducs qui alimentent la Chine représentent environ 40 % du total des importations gazières. D’où l’importance du gaz naturel turkmène pour assurer la sécurité énergétique chinoise.

Mais la politique turkmène d’exportation de gaz concerne également d’autres marchés. Grâce à la Convention sur le statut juridique de la mer Caspienne, Achgabat peut envisager la possibilité de fournir du gaz naturel à l’Europe grâce à la construction d’un gazoduc transcaspien qui relierait Türkmenbaşy à Bakou, en Azerbaïdjan. Par ailleurs, des possibilités techniques d’exportation vers l’Iran sont en cours d’examen. À la mi-avril, les livraisons de gaz à la Russie ont repris dans le cadre d’un contrat à court terme avec Gazprom. Des négociations sont en cours pour conclure un contrat à moyen terme d’une durée de cinq ans.

Le traitement du gaz et le développement de l’industrie chimique pétrolière et gazière ont été également abordés au cours des débats. Des travaux de grande envergure sont en cours au Turkménistan pour créer des installations de traitement qui permettent la fabrication d’une vaste gamme de produits à haute valeur ajoutée issus des hydrocarbures, fortement demandés sur les marchés national et international. Il s’agit d’usines d’engrais minéraux, de polymères, de fibres synthétiques textiles, mais aussi de carburants et de produits dérivés avec la technologie GTG.

En plus des séances plénières, des réunions bilatérales entre les représentants d’entreprises étrangères et les responsables des principaux consortiums turkmènes et des ministères de branche ont permis aux participants de faire le point sur les projets en cours et envisager la signature de nouveaux contrats, notamment dans le cadre de la future construction du gazoduc transcaspien qui s’insère dans le cadre de la politique européenne de diversification des approvisionnements.