jeudi, 15 août 2019

Comment améliorer l’efficacité du secteur de l’eau au Turkménistan ?

Dans les régions arides et semi-arides d’Asie centrale et notamment au Turkménistan, l’eau constitue un élément essentiel du développement, principalement dans le domaine agricole mais aussi dans toutes les autres activités économiques. L’augmentation des besoins en eau courante pour la consommation, pour l’irrigation des cultures mais aussi pour l’industrie va de pair avec la croissance de chaque pays. Or, le secteur de l’eau est l’un des plus grands consommateurs d’énergie : au Turkménistan, plusieurs milliers d’unités de pompage sont nécessaires pour fournir le précieux liquide dans les champs et partout où l’on en a besoin.

L’optimisation énergétique du pompage et de la distribution de l’eau est l’objectif principal du programme « Efficacité énergétique et énergies renouvelables pour une gestion durable de l’eau au Turkménistan », élaboré conjointement par le Comité d’État pour les ressources en eau du Turkménistan et le Programme des Nations unies pour le Développement, et financé par le Fonds pour l’environnement mondial (FEM).

Dans ce cadre, un audit réalisé par la société danoise Grundfos, portant sur plus de 120 pompes de marque SNP-500/10 et SNPE-500/10 appartenant au Comité d’État pour les ressources en eau, a permis de formuler des recommandations sur l’emplacement optimal des canalisations d’aspiration et de refoulement des stations de pompage et l’utilisation rationnelle des équipements électriques, garantissant une utilisation optimale de l’énergie pour les performances de pompage nécessaires.

D’autre part, toujours dans le cadre du projet, cinq stations de pompage ont été reconstruites dans différentes régions du Turkménistan : pour les syndicats agricoles des districts de Mourgap (province de Mary), de Magtymguly (Balkan), de Sayat (Lebap), de Kounia-Ourguentch (Daşoguz) et station de pompage n° 3 dans le district de Gourtly qui permet l’irrigation des espaces verts d’Achgabat. Ces reconstructions ont permis l’installation de pompes modernes, économes en électricité, qui selon les experts consomment environ 2,5 fois moins d’énergie (40 kW au lieu de 110 kW) pour le même débit que les pompes précédentes, toujours en service dans le reste du pays. Cela constitue un bon exemple de l’utilité des technologies d’économie de l’eau : en réduisant la consommation d’énergie, les pompes modernes réduisent les émissions de dioxyde de carbone dans l’atmosphère.

C’est également dans le cadre de ce projet conjoint du PNUD/FEM et de gouvernement du Turkménistan sur l’efficacité énergétique dans le secteur de l’eau, que des spécialistes turkmènes de l’agriculture et de l’eau du Turkménistan ont pu réaliser un voyage d’étude à l’Université de Cordoba, en Espagne, avec le soutien du programme de l’Union européenne intitulé « Soutien au développement durable de l’agriculture et du développement rural au Turkménistan (ADRD III) »

Le but de ce voyage était de permettre aux spécialistes turkmènes de se familiariser avec les pratiques agricoles en Espagne et, en particulier, avec la distribution et l’utilisation rationnelles de l’eau d’irrigation dans la province la plus chaude du pays, l’Andalousie, dont les conditions climatiques sont similaires à celles du Turkménistan. Ils ont pu notamment visiter des fermes expérimentales, où l’ensemble du processus d’approvisionnement en énergie des systèmes d’irrigation repose sur l’utilisation de l’énergie solaire. Ils ont également rencontré des fabricants espagnols d’équipements d’irrigation qui participent à la construction de systèmes d’irrigation novateurs.

Les connaissances ainsi acquises en Espagne permettront aux techniciens turkmènes d’utiliser une expérience internationale de pointe pour le développement futur de l’agriculture et de la gestion de l’eau au Turkménistan.