lundi, 02 septembre 2019

Les positions du Turkménistan à la 74e session de l’Assemblée générale des Nations unies

Selon les sources officielles, le Turkménistan considère l’ONU, dont il est membre, comme une structure internationale essentielle pour préserver et consolider la paix et la sécurité internationales et pour garantir le développement durable de toutes les nations et de tous les peuples. Dans ce contexte, alors que s’ouvre la 74e session de l’Assemblée générale des Nations Unies, le Turkménistan, en collaboration avec d’autres États membres, compte faire avancer un certain nombre de mesures concrètes visant à renforcer le rôle moteur et de coordination de l’organisation dans les affaires internationales. Et cela dans le respect des normes et des principes de sa Charte.

Pour cela, le Turkménistan bénéficie des avantages que lui confère son appartenance au Conseil économique et social des Nations Unies (ECOSOC), au Conseil de la Conférence sur le commerce et le développement (CNUCED), au Conseil exécutif du Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF), au Comité exécutif du Haut-Commissariat pour les réfugiés (UNHCR), à la Commission du développement social, ainsi qu’à la Commission de la population et du développement et d’autres enceintes onusiennes.

Les initiatives et les propositions qui seront soutenues par la délégation turkmène lors de la session seront les suivants :

Neutralité

La base de la politique étrangère turkmène est son statut de neutralité permanente reconnu par la résolution de l’AG des Nations Unies du 12 décembre 1995. Ainsi, en 2020, le pays 25e anniversaire de cette reconnaissance. C’est de ce statut de neutralité que découlent les approches du pays en matière de développement de la coopération internationale.

À cet égard, lors de la 74e session, le Turkménistan compte présenter une proposition visant à organiser une conférence internationale sur la paix, la sécurité et le développement à Achgabat en décembre 2020, en collaboration avec le secrétaire général de l’organisation, ainsi que les États membres et les institutions internationales intéressés par la réalisation de cet événement.

Le Turkménistan estime également nécessaire d’organiser, dans le cadre de la session, un vaste dialogue multilatéral sur l’application pratique des principes de neutralité afin de prévenir les conflits, d’en éliminer les causes et les conséquences et de résoudre les problèmes humanitaires. Il s’agira aussi de considérer les avantages de la neutralité en tant que catégorie politique et juridique dans les activités des organes directeurs des Nations Unies, de ses commissions et de ses comités. Dans ce contexte, le Turkménistan prendra l’initiative d’élaborer et de soumettre à l’AG un ensemble de règles relatives à l’application effective des principes de neutralité dans le règlement des questions internationales.

Diplomatie préventive.

Pour le Turkménistan la paix et la confiance sont les fondements du renforcement et du développement de l’architecture moderne des relations internationales. L’Assemblée générale des Nations unies et le Conseil de sécurité, par leurs résolutions, considèrent aussi ces deux éléments comme des catégories interdépendantes conçues pour contribuer à la création de conditions propices à un développement sans conflit.

Dans ce sens, le gouvernement turkmène est fermement convaincu que les Nations unies doivent redoubler d’efforts pour instaurer une culture de paix et de confiance. Il compte donc présenter à la 74e session un projet de résolution pour faire de 2021 l’année de la paix et de la confiance internationales.

Le Turkménistan est particulièrement attaché au concept de diplomatie préventive dans la résolution des problèmes de maintien de la paix et de sécurité. Aujourd’hui, il est nécessaire d’élaborer et de mettre en œuvre des modèles constructifs de partenariat entre États sur la base de normes universellement reconnues du droit international et d’établir. Le pays proposera d’établir des mécanismes de consultation et négociation, avec la participation de diplomates et d’experts, dans le cadre des centres régionaux de l’ONU pour la diplomatie préventive. Ces mécanismes seront conçus pour promouvoir l’harmonisation des approches des États dans le développement des régions.

À cet égard, le Turkménistan continuera de fournir une assistance maximale aux travaux du Centre régional des Nations Unies pour la diplomatie préventive en Asie centrale, dont le siège est à Achgabat.

Sécurité et stabilité

Le maintien et le renforcement de la paix, de la stabilité et de la sécurité restent au centre des préoccupations de la communauté internationale dans un avenir proche. Cela est dû à l’aggravation des contradictions et du potentiel de conflit croissant dans diverses régions du monde.

Dans ces circonstances, le Turkménistan, sur la base de son statut de neutralité défendra à la 74e session, un certain nombre de positions :

– son opposition politique et diplomatique à la propagation de « l’idéologie de la force » dans les relations entre États ;

– sa conviction que les mécanismes de négociation constituent le seul moyen acceptable de résoudre les conflits internationaux et locaux ;

– sa volonté de promouvoir la primauté du droit international et de la Charte des Nations Unies en tant que base de l’architecture de sécurité mondiale, ainsi que le respect le plus strict de ce concept par tous les États sans exception.

Le Turkménistan considère que le terrorisme, la criminalité transfrontalière, le trafic illicite de drogues et d’armes et la traite des êtres humains constituent de graves défis et des menaces réelles pour la sécurité internationale. Dans ces circonstances, le Turkménistan renforcera son partenariat avec les pays voisins et la communauté internationale afin de lutter efficacement contre ces défis et ces menaces.

Le pays continuera à participer activement à la mise en œuvre concrète du programme de lutte mondiale contre le terrorisme en concentrant ses efforts sur les domaines prioritaires suivants :

– la mise en place de conditions internationales pour le développement socio-économique en tant que méthode de lutte contre l’extrémisme violent ;

– l’élimination du risque de radicalisation menant à la violence ;

– la lutte contre l’utilisation d’Internet par les terroristes ;

– la promotion d’une politique globale de la jeunesse en offrant des possibilités d’éducation et d’emploi.

En ce qui concerne le désarmement, le Turkménistan considère qu’un processus cohérent de réduction des armements est la condition la plus importante pour un développement pacifique et créatif, ainsi que pour la formation d’un climat de confiance, d’ouverture et de coopération. De ce fait, les questions relatives à ce sujet sont une priorité pour le pays qui prend un certain nombre de mesures concrètes visant à mettre en œuvre les traités et conventions des Nations Unies dans le domaine du désarmement et à garantir le régime de non-prolifération.

Au niveau régional, le Turkménistan participe activement à la promotion du Traité sur la création d’une zone exempte d’armes nucléaires en Asie centrale.

Le développement durable

Le Turkménistan est un participant actif à la mise en œuvre des Objectifs de développement durable (SDGs) définis dans l’Agenda des Nations Unies jusqu’en 2030. Compte tenu de l’importance de dégager des ressources financières suffisantes pour les projets et programmes visant à mettre en œuvre ce programme, le Turkménistan estime opportun d’envisager, dans le cadre de la 74e session, la prochaine tenue d’une conférence des Nations Unies sur le financement du développement.

À cette fin, il propose de créer, avec l’aide du Département des affaires économiques et sociales des Nations Unies (DAES), un groupe spécial de coordination chargé d’étudier les possibilités d’organiser une telle conférence en 2022-2023.

L’une des activités les plus importantes du Turkménistan dans le cadre des Objectifs de développement durable consistera à contribuer aux efforts de la communauté internationale en matière d’énergie. À cet égard, le gouvernement estime l’élaboration de modèles d’interaction nouveaux, conçus pour faire du dialogue multilatéral sur l’énergie un moteur du monde moderne, comme l’une des questions d’actualité les plus importantes. Lors de la 74e session, le Turkménistan a l’intention de présenter un projet de résolution intitulé « Un transit fiable et stable des ressources énergétiques et son rôle dans le développement durable et la coopération internationale ».

Le Turkménistan proposera aussi d’examiner avec toutes les parties intéressées la possibilité de constituer un groupe international d’experts sur l’élaboration d’instruments juridiques internationaux destinés à assurer le respect des principes universels régissant les activités commerciales dans l’espace énergétique mondial.

Parallèlement à cela, le Turkménistan poursuivra ses avancées en matière de transports. Il va proposer la tenue d’une conférence internationale des ministres des pays en développement sans littoral. Il est prêt à envisager la possibilité de fournir l’infrastructure nécessaire pour l’organisation de ce forum.

Dans le processus de réalisation des objectifs de développement durable, le Turkménistan accorde également une attention particulière à la nécessité d’un vaste dialogue sur le changement climatique, la protection de l’environnement et l’utilisation des ressources en eau. C’est pourquoi il poursuivra ses efforts pour développer les efforts en faveur de la mise en place du programme spécial des Nations unies pour les pays du bassin de la mer d’Aral, mais aussi pour la préservation des ressources naturelles de la mer Caspienne. À cet égard, il a l’intention de lancer la création d’un nouveau programme environnemental pour la mer Caspienne.

La diplomatie de l’eau du Turkménistan prévoit une coopération active et intéressée avec d’autres États, principalement avec les pays voisins, afin de coordonner les actions dans les domaines de l’eau et de l’énergie de pompage. Achgabat considère que la tâche principale consiste à dégager un consensus régional sur la base des normes du droit international, pour élaborer un document universel de nature politique et juridique qui fixerait clairement les objectifs, les approches et les actions de la communauté internationale en matière de conservation et de gestion à long terme des ressources en eau de la planète.