mercredi, 02 octobre 2019

Le gouvernement turkmène fait le point sur la lutte contre la corruption

Le ministre de l’intérieur limogé

Prévenir et éradiquer la corruption, la subornation et les actions criminelles dans les structures de l’État, tel a été l’objet, mardi 1er octobre 2019, d’une réunion extraordinaire du gouvernement avec la participation des membres du Cabinet des ministres, du conseil de sécurité nationale et d’autres hauts responsables, sous la présidence du chef de l’État, Gourbangouly Berdymoukhamedov.

Le procureur général du Turkménistan, Batyr Atdaïev a présenté un rapport qui a conduit au limogeage immédiat du ministre de l’Intérieur, le lieutenant général Isgendar Moullikov, avec rétrogradation au rang de maïor (commandant) et la privation de tous les honneurs et récompenses d’État.

Dans ses développements, le rapport du procureur précisait un certain nombre d’éléments qui montraient l’incapacité du ministre à juguler la corruption au sein de ses services et son implication personnelle dans certaines affaires. Voici les principaux points soulevés contre lui :

  • • En violation des règles, le ministre de l’Intérieur a nommé à la tête d’un établissement pénitentiaire l’un de ses protégés, le vétérinaire Berdymyrat Berdiev qui n’était pas qualifié pour le poste (il a été congédié depuis).
  • • Des véhicules officiels ont été utilisés à des fins frauduleuses, dans le but d’enrichissement personnel, notamment dans les services de police d’Achgabat. Dans ce cadre, le capitaine Kerimgouly Tchariev a été arrêté et fait l’objet d’une instruction criminelle.
  • • Certains employés de la police de la route pratiquaient l’extorsion à l’égard des automobilistes. En particulier, les agents Gouvantch Moukhammedov et Sylapberdy Chirliev ont exigé de gros pots-de-vin, sous peine de confiscation de leur véhicule, à des conducteurs dont les documents étaient en règle et qui ne contrevenaient en aucune façon au Code de la route. Ils ont tous deux été arrêtés en attente de leur procès.
  • Azat Saparov, officier de la police de la route, a abusé de sa position officielle en aidant des amis à éviter d’être mis en cause dans des affaires de violation des règles de la circulation avec intimidation de témoins. Il est en garde à vue et l’affaire est en cours d’instruction.
  • Didarmourat Moukhammedov, chef adjoint du département de l’enregistrement et des passeports de la police d’Achgabat, a tenté de protéger un homme d’affaires récemment condamné pour corruption et l’obtention illégale de deux maisons et de plusieurs voitures obtenues illégalement. Lui aussi est en prison en attente de son procès.

À l’issue du rapport, le président Berdymoukhamedov a rappelé que, au cours des dix dernières années, le ministre Moullikov avait fait l’objet de douze réprimandes diverses et qu’il n’avait tiré aucune des conclusions qui s’imposaient. En annonçant sur-le-champ son limogeage, le chef de l’État lui a demandé de quitter la salle de réunion.

Pour le remplacer à la tête du ministère, le président a nommé Mammetkhan Tchakiev qui occupait les fonctions de vice-président du Cabinet chargé de l’industrie et des communications. Le vice-président pour la construction et l’énergie, Tcharymyrat Pourtchekov, assurera l’intérim à ce dernier poste.

En tirant les conclusions de la réunion, le chef de l’État a annoncé que la campagne contre la corruption allait être renforcée et une lutte acharnée menée contre les actions illégales des fonctionnaires. Toutes les personnes coupables de corruption et de détournements divers seraient châtiées conformément à la loi, indépendamment de leurs postes officiels.

Dans ce sens, il a demandé au président du Mejlis, Mme Goulchat Mamedova, d’étudier la possibilité de renforcer dans la législation, les sanctions pénales pour corruption. « Je ne permettrai à personne de voler l’argent du peuple, de s’enrichir aux dépens de nos citoyens », a déclaré le chef de l’État.

Il a également chargé le conseil de sécurité nationale de préparer dans les meilleurs délais une nouvelle version du programme de lutte contre la corruption qui devrait faire partie intégrante du programme de développement du pays.