mardi, 07 janvier 2020

L’innovation au service d’une meilleure irrigation au Turkménistan

Le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) et le Comité d’État pour les ressources en eau du Turkménistan ont organisé un séminaire pour améliorer le suivi de l’utilisation des ressources en eau et la planification de l’utilisation de l’eau dans les systèmes d’irrigation.

Réalisé dans le cadre du projet « Efficacité énergétique et énergies renouvelables pour la gestion durable de l’eau au Turkménistan », financé par le Fonds pour l’environnement mondial (FEM), le séminaire a permis à des spécialistes turkmènes d’organismes agricoles, publics comme privés, à des entrepreneurs et à des cultivateurs de se familiariser avec des nouvelles techniques et innovations qui permettent une meilleure gestion de l’eau dans les terres cultivables, particulièrement dans les zones arides.

Les sessions ont permis de présenter des méthodes modernes d’organisation et de mesure de la consommation d’eau dans les systèmes d’irrigation. Les principes théoriques ont été illustrés par des exemples concrets, comme un plan de calcul du coût de l’eau dans les canaux d’irrigation en fonction des cultures et des différentes périodes de leur croissance, ou encore un aperçu économique des étapes d’un projet de construction de conduite d’eau avec l’installation de cinq unités de pompage.

Les participants ont également discuté des différentes méthodes pour mesurer le débit d’eau dans les canaux du réseau d’irrigation du Turkménistan. Une attention particulière a été accordée à l’amélioration du comptage du débit de l’eau et à la création des systèmes automatisés pour remplir cette tâche.

La question de l’irrigation est, en effet, vitale pour l’agriculture turkmène qui doit sans cesse utiliser de nouvelles surfaces tout en maintenant en activité les zones qui subissent les effets des aléas météorologiques. Le site d’Essenaman est caractéristique des problèmes rencontrés.

Situé à quelque 120 km de la zone agricole de la région de Daşoguz. Essenaman est l’un des principaux points d’eau de la ferme d’élevage Karakoum, qui compte environ 32 000 moutons et quelque 1 700 chameaux. Deux sardobs, ces réservoirs traditionnels de stockage de l’eau construits sur les pâturages dans la zone désertique du Turkménistan, assuraient jusqu’à dernièrement l’approvisionnement en eau. Cependant, au fil du temps, l’impact négatif de l’environnement extérieur – la sécheresse persistant de 1995 à 1997 – les a fait s’effondrer totalement. De ce fait, les bergers ont cessé de faire paître leur bétail dans cette zone. Les pâturages, longtemps négligés, ne conviennent plus à l’élevage du bétail dans le désert. Or, l’élevage, qui assure la sécurité alimentaire, est un secteur stratégique de l’économie du pays.

Un projet du PNUD et du FEM a donc été mis en place pour restaurer le site d’Essenaman et de son bassin versant. Les troupeaux de moutons pourront donc être déplacés de 30 à 35 km à l’intérieur des terres, vers le désert, ce qui allégera ainsi les pâturages des villages voisins qui souffraient de l’excédent d’animaux. De plus, cela permettra d’augmenter le cheptel de moutons de 2 000 à 3 000 têtes.

Dans le but de mener à bien le projet, du matériel de pompage de nouvelle génération, fonctionnant avec des panneaux photovoltaïques, a été installé en 2019. De plus, les sardobs vont être reconstruits et clôturés afin d’empêcher les animaux de pâturage d’endommager la structure. Par ailleurs, un plan de rotation durable des pâturages sera mis en place dans les prochaines semaines. La prochaine étape consiste à restaurer la végétation autour des sardobs. Ces réservoirs ainsi restaurés pourront fournir l’eau de la saison des pluies à quatre troupeaux, soit plus de 2 400 moutons.