lundi, 10 février 2020

Changements au gouvernement du Turkménistan

Lors de la dernière réunion en date du Cabinet des ministres turkmène, le président Berdymoukhamedov a procédé à des changements substantiels dans la structure du gouvernement et effectué un remaniement ministériel pour tenir compte des nouveaux découpages sectoriels. Comme à son habitude, il a également pointé les insuffisances dans la gestion de certains hauts responsables.

Le changement le plus significatif est la division du secteur de l’industrie et des communications, supervisé jusqu’à présent par le vice-président du Cabinet Batyr Ovezov, en deux branches distinctes : le complexe des transports et des communications ; et le complexe de l’industrie et du bâtiment. Le président a justifié cette mesure par les impératifs de la numérisation de l’économie.

Le vice-président Ovezov a été nommé à la tête du complexe des transports et des communications. De son côté, Chamoukhamet Dourdiliev, qui occupait le poste de maire d’Achgabat, a été promu au poste de vice-président chargé du complexe industriel et du bâtiment. Son portefeuille comprend la construction, l’industrie, l’industrie des matériaux de construction, l’énergie électrique, la société d’État Türkmenkhimia et la ville d’Achgabat.

Les tâches dévolues à Batyr Ovezov à la tête de son secteur sont particulièrement importantes. En plus de la supervision des transports et des communications, il est chargé de l’ouverture de centres de propriété intellectuelle dans chaque province et dans la capitale. Il est également responsable de la formation de spécialistes pour faire avancer les objectifs de l’économie numérique (la dotation de ces projets est de 10 millions USD). L’organisation de cours spéciaux accélérer la formation au système numérique des hauts fonctionnaires de tous niveaux ainsi que des enseignants des universités et du secondaire est également de son ressort.

Il devra en outre poursuivre la modernisation des chemins de fer et des autoroutes, attirer des investissements, construire de nouveaux aéroports et développer des moyens de communication. Le chef de l’État lui a spécialement demandé de faire en sorte d’assurer l’utilisation du Port maritime international de Türkmenbaşy à pleine capacité et de prendre des mesures pour créer des centres de transport et de logistique.

Dans la logique de la séparation en deux du secteur de l’industrie et des communications, un nouveau ministère de l’Industrie et du Bâtiment a été créé en combinant l’ancien ministère de l’Industrie et des Communications et l’agence Türkmensenagat (Industrie turkmène) qui lui était subordonnée.

Les agences Türkmendemirýollary (Chemins de fer), Türkmenaragatnaşyk (Télécoms), Türkmenawtoulaglary (Transports routiers), Türkmenhowaýollary (Turkmenistan Airlines) et Türkmendeňizderýaýollary (Transports maritimes et fluviaux) qui dépendaient du ministère aboli ont été placées sous la supervision du Cabinet des ministres.

Le gouverneur de la province d’Akhal, Serdar Berdymoukhamedov, fils du président, a été nommé au poste de ministre de l’Industrie et du Bâtiment.

Parmi les changements de poste qui ont été annoncés par le chef de l’État, il convient de citer la démission du vice-président du Cabinet Tcharymyrat Pourtchekov, qui était chargé de l’énergie, du bâtiment et des services publics. Ces secteurs sont désormais inclus dans le complexe de l’industrie et du bâtiment sous la responsabilité de Chamoukhamet Dourdiliev. Pourtchekov, qui avait été réprimandé à plusieurs reprises au cours des derniers mois, a été nommé ministre de l’Énergie.

Par ailleurs, Gotchmyrat Myradov, le vice-président chargé des finances et de l’économie a été relevé de ses fonctions en raison de son transfert à un autre poste. Il est remplacé par Gadyrgueldy Mouchtchikov qui était précédemment président de la chambre suprême de contrôle.

Dans le domaine des réprimandes, le président a porté une mauvaise évaluation des résultats du secteur des hydrocarbures. Pour lui, les faibles performances du complexe du pétrole et du gaz s’expliquent par les faibles taux de découverte et de développement de nouveaux gisements et le manque de réparations majeures de puits obsolètes. Selon lui, pour augmenter la production de pétrole, il convient d’attirer les investissements. Le secteur de la culture et les médias, ainsi que celui de l’éducation et des sports ont également essuyé les critiques du président.