dimanche, 16 février 2020

Préservation et utilisation durable des déserts turkmènes

En 2019, dans le cadre d’un projet international Initiative pour le désert d’Asie centrale (CADI), le ministère de l’Agriculture et de la Protection de l’Environnement du Turkménistan et la Fondation Michael Zukkov (Allemagne) ont lancé un projet commun appelé « Préservation et utilisation durable des déserts du Turkménistan », financé par le ministère fédéral allemand de l’Environnement, de la Protection de la nature et de la Sécurité nucléaire.

En partenariat avec des partenaires dans les deux autres pays ciblés, le Kazakhstan et l’Ouzbékistan, le projet CADI est mis en œuvre en collaboration avec l’Université de Greifswald, la Fondation Michael Zukkov pour la préservation de la nature et l’Office régional de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).

Les objectifs du projet sont d’encourager la préservation de la diversité biologique et le développement des écosystèmes des déserts du Turkménistan, mais aussi de préparer des éléments scientifiques et techniques justifiant une demande d’inscription des écosystèmes désertiques en qualité de site du patrimoine mondial de l’UNESCO, de prendre les mesures nécessaires pour améliorer la gestion et étendre le territoire des réserves désertiques existantes, notamment par l’appui technique et la recherche conjointe sur le terrain, la formation du personnel, la diffusion des résultats des études et la sensibilisation du public.

La réserve naturelle de Bereketli Karakoum et la réserve de biosphère de Repetek, dans le désert turkmène, sont les zones concernées par le projet. Depuis le printemps 2019, quatre expéditions conjointes – qui ont réuni les spécialistes de ces réserves d’État et les experts internationaux – ont été effectuées sur place, ainsi que dans les déserts subtropicaux secs de la région de la Caspienne, pour étudier les composants de la biodiversité (botanique et zoologique) et mettre à jour les données scientifiques. Les résultats de ces expéditions sur le terrain ont permis d’établir des rapports scientifiques qui constituent les éléments de base pour préparer le dossier de demande d’inscription sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO.

Les expéditions sur le terrain ont également fourni les données nécessaires pour un séminaire international sur l’évaluation de l’efficacité de la gestion de la réserve de Bereketli Karakoum et du potentiel existant pour la création de centres de visite et d’information sur le site, ainsi que sur celui de Repetek. Deux des résultats les plus tangibles des travaux sont la proposition d’étendre les limites de la réserve de Bereketli Karakoum et la création de conditions de vie favorables pour les ongulés sauvages migrant hors de la réserve vers un point d’eau.

Toujours dans le but de faciliter l’inscription de certains déserts de la zone tempérée d’Asie centrale sur la Liste du patrimoine mondial, le projet CADI a organisé un séminaire à l’Académie internationale pour la préservation de la nature (île de Vilm, Allemagne) du 28 au 31 janvier 2020, avec la participation de plus de vingt représentants de pays de la région d’Asie centrale en plus des spécialistes européens.

Les déserts tempérés de la dépression de Touran, qui s’étend du sud du Turkménistan jusqu’au Kazakhstan en passant par l’Ouzbékistan constituent une région naturelle unique qui, selon les experts, reste ignorée de la communauté internationale. Ils représentent pourtant d’importants habitats et zones de migrations pour diverses espèces, notamment des ongulés et des oiseaux. Une étude de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) qui vient d’être publiée établit que, en dépit de leur importance environnementale, ces déserts tempérés comptent parmi les biomes d’importance mondiale les moins représentés au titre de la Convention du patrimoine mondial. Comme la plupart des territoires désertiques tempérés de notre planète sont situés en Asie centrale, les trois pays de la dépression touranienne partagent une responsabilité particulière dans leur préservation, d’où leur participation active dans le projet CADI.