lundi, 06 avril 2020

Le Turkménistan prépare la relance de l’économie après le Covid-19

Même si certains pays, comme le Turkménistan, semblent encore échapper à l’épidémie de SARS-Cov-2, les dommages économiques qu’elle crée à l’échelle mondiale sont considérables. C’est la raison pour laquelle les autorités turkmènes ont décidé de ne pas attendre pour réfléchir aux meilleurs moyens de réparer les dommages potentiels que pourrait subir son économie.

Une réunion du Cabinet des ministres, sous la direction du président Berdymoukhamedov, s’est penché sur le problème et lancé un travail d’identification des secteurs économiques forts qui ne sont que peu ou pas affectés par les tensions internationales provoquées par la pandémie, de manière à s’appuyer sur eux pour permettre à l’ensemble de l’économie de mieux résister à la situation.

Dans ce contexte, plusieurs lignes directrices ont été définies. D’abord, du point de vue sanitaire, le chef de l’État a rappelé que dès l’arrivée des premières alertes en provenance de Chine, le gouvernement turkmène avait introduit plusieurs mesures urgentes, à commencer par la fermeture partielle, puis totale du trafic aérien. Un contrôle des signes d’infection de toutes les personnes arrivant de l’étranger a été pratiqué et des mesures préventives prises. Bien entendu, en fonction de l’évolution de la situation des mesures supplémentaires seront prises.

Du point de vue économique, plusieurs pistes ont été dessinées lors de la réunion. D’abord, en ce qui concerne le budget de l’État, plusieurs institutions internationales ayant prévu une récession économique mondiale cette année, il est nécessaire de prendre des mesures appropriées pour préserver les industries et les emplois existants. La situation confirme le bien-fondé de la politique de recherche de l’autosuffisance industrielle par la réduction des importations et l’augmentation des exportations. De ce fait, les dépenses prévues dans le budget de l’État pour cette année doivent être révisées : il incombe au vice-président chargé des finances de formuler les propositions nécessaires en mettant l’accent sur des mesures immédiates et à moyen terme pour réduire l’impact négatif sur les entreprises locales.

Dans le domaine agricole, pour le vice-président chargé du secteur et les gouverneurs des provinces la priorité doit aller aux récoltes de blé et de coton. La culture des fruits et légumes doit être intensifiée avec, en parallèle, une réduction de l’importation de produits agricoles. L’introduction de systèmes de contrôle numérique dans les fermes et les serres devraient permettre une optimisation de la production.

Une autre priorité est le soutien au secteur privé et à l’emploi. Il s’agit pour le gouvernement de préparer les mesures nécessaires pour soutenir les entreprises privées. La direction sectorielle devrait préparer des propositions à cet effet. L’objectif est d’éviter les pertes d’emplois et, au contraire, de créer plus de possibilités d’emploi. Une protection spéciale pour les PME doit passer par des allégements de charges, notamment sous la forme de paiements différés d’impôts, de prêts, etc.

Pour le secteur commercial, la tâche principale consiste à assurer le fonctionnement stable du système et le maintien de bonnes conditions du marché par la prise de mesures nécessaires à assurer sur les marchés un stock suffisant de produits essentiels, notamment de denrées alimentaires.

Le secteur des transports est celui qui va souffrir le plus de la crise du coronavirus. Le trafic aérien mondial a été perturbé et ne fonctionne qu’au ralenti. La compagnie aérienne nationale, Turkmenistan Airlines, doit faire face à de graves défis financiers. De plus, la fermeture des frontières entrave les communications et transits internationaux. Le vice-président chargé des transports et celui des finances ont reçu la mission d’estimer l’effet négatif probable sur l’ensemble du secteur jusqu’à la fin de l’année. Ils feront des propositions sur les allègements de chargés destinés à soulager les entreprises de transport.

Pour le secteur pétro-gazier, le défi consiste à s’adapter aux fluctuations des prix du pétrole sous la pression de la crise. La société d’État Turkmenneft se doit d’accélérer le développement des gisements d’hydrocarbures dans le secteur turkmène de la mer Caspienne et d’accroître leur attractivité pour les investisseurs étrangers. Quant à la société d’État Turkmengaz, elle est chargée de maintenir un taux de production élevé et d’étudier de nouveaux marchés pour l’exportation de gaz naturel et de produits chimiques à base de gaz. Parallèlement, les organismes compétents doivent analyser la situation pour déterminer la faisabilité économique des projets prévus et proposés dans le secteur de la chimie du gaz.

Pour finir, le secteur du bâtiment ne manquera pas de souffrir de retards notamment dans la construction des installations qui devaient être inaugurés et mis en service cette année, pour le 25e anniversaire de la neutralité du Turkménistan. Le vice-président pour la construction et l’énergie est chargé de revoir la priorité de chaque projet en regard des difficultés provoquées par la crise virale. En revanche, les travaux devraient se poursuivre sur la ligne de transport d’électricité TAP (Turkménistan-Afghanistan-Pakistan) et la liaison à fibre optique.