jeudi, 07 mai 2020

Les pays d’Asie centrale vont diminuer leurs exportations de gaz vers la Chine

Les producteurs de gaz d’Asie centrale – le Turkménistan, le Kazakhstan et l’Ouzbékistan – sont actuellement en négociations en vue d’une réduction partagée des approvisionnements en gaz en direction de la Chine, en raison de l’impact de la pandémie de coronavirus sur la demande.

Selon Mekhriddine Abdoullaïev, le directeur général d’Ouzbekneftegaz, le consortium ouzbek des hydrocarbures, « La Chine a demandé une réduction, mais en indiquant qu’elle devait s’effectuer sur une base proportionnelle entre le Turkménistan, le Kazakhstan et l’Ouzbékistan ». Un comité de coordination des trois pays fournisseurs d’Asie centrale est en discussion sur les volumes exacts, mais, selon le directeur général, aucune décision n’a encore été prise.

La demande chinoise de gaz a chuté cette année en raison des mesures introduites pour lutter contre la propagation du coronavirus. En mars, le Kazakhstan a déclaré avoir réduit de 20 % à 25 % l’approvisionnement en gaz naturel de la Chine après que PetroChina a publié un avis de force majeure sur les importations.

Les trois pays d’Asie centrale expédient du gaz vers la Chine via le réseau de gazoducs Asie centrale-Chine, qui a une capacité nominale de 55 milliards de m3 par an. Sur ce total, l’Ouzbékistan fournit environ 10 milliards de m3, le Kazakhstan 7,1 et le Turkménistan 33,2 (données de 2019).

Il convient de noter que la pandémie de Covid-19 qui réduit actuellement les besoins énergétiques chinois ne remet pas en questions les plans de développement économiques à plus long terme et que la construction de la nouvelle branche du gazoduc qui doit relier le Turkménistan à la Chine en portant la capacité totale de transport à 65 milliards de m3 est toujours en cours.

Les exportations de gaz turkmène vers la Chine vont également bénéficier du retrait progressif de l’Ouzbékistan de ce marché. En effet, le gouvernement de Tachkent prévoit de réduire ses exportations de gaz à presque zéro au cours de la prochaine décennie, en se concentrant sur le traitement du gaz au niveau national. Il s’agit de transformer le gaz en composés chimiques et en carburants liquides à plus haute valeur ajoutée.

Le Turkménistan fait de même mais sa production gazière est tellement importante qu’il peut se permettre de consacrer une partie à la transformation tout en approvisionnement ses voisins en gaz naturel. Il compte en particulier sur la construction du gazoduc transcaspien pour élargir ses exportations vers l’Europe et le bassin méditerranéen.