dimanche, 10 mai 2020

Le Turkménistan commémore le Jour de la Victoire

Dans tous les pays issus de l’ancienne Union soviétique, le 9 mai est fêté tous les ans pour commémorer la fin de la Grande Guerre patriotique (1941-1945) et la victoire sur l’Allemagne nazie. Les capitales et les villes importantes des nouveaux États indépendants organisent traditionnellement des défilés militaires et civils, le principal d’entre eux se déroulant à Moscou, sur la place Rouge.

En cette année où l’on célèbre la date marquante du 75e anniversaire de la fin des combats, la plupart de ces parades ont été reportées en raison de la pandémie de Covid-19 et des mesures de confinement. L’attention n’a été que plus grande envers celles qui se sont tenues malgré tout parce que les conditions épidémiologiques le permettaient. Au Turkménistan, le grand défilé d’Achgabat a pris un relief tout particulier.

Les festivités ont d’ailleurs été marquées par un événement important : à cette occasion, la Russie a transféré au Turkménistan, « pour être conservé éternellement », l’étendard du 748e régiment de la 206e division d’infanterie de l’Armée rouge, dans lequel servit pendant la Seconde Guerre mondiale Berdymoukhamed Anneïev, le grand-père du président Berdymoukhamedov. Ce symbole particulier était escorté par une délégation russe particulièrement importante puisque dirigée par le colonel général Alexandre Fomine, vice-ministre de la Défense de la Fédération de Russie.

Les cérémonies ont commencé, dès le matin, par le traditionnel dépôt de gerbes au complexe Halk hakydasy, érigé en mémoire des défenseurs de la patrie et des victimes du tremblement de terre dévastateur de 1948, en présence de nombreuses personnalités, d’invités étrangers et de très nombreux habitants de la capitale rassemblés pour l’occasion.

Les célébrations se sont poursuivies par le grand défilé militaire précédé les allocutions du président turkmène et de son invité d’honneur, le général Fomine. Celui-ci a salué la mémoire des quelque 300 000 combattants turkmènes qui ont participé aux batailles sur tous les fronts et ont atteint les murs du Reichstag. Le titre de « Héros de l’Union soviétique » a été décerné pour bravoure au combat à 104 d’entre eux.

Le défilé des troupes, dont certaines en uniforme des années 1940, a permis à l’armée turkmène de montrer ses principales unités, notamment le bataillon des forces spéciales Türkmen edermen (« Turkmènes intrépides »). Du matériel militaire d’époque – automobiles, camions, chars et canons automoteurs – a constitué l’un des points forts de la parade. Mais le clou a été indiscutablement la formation de cavaliers turkmènes. En effet, dès le début de la guerre, deux divisions de cavalerie turkmène, les 97e et 98e ont été constitués et ont combattu l’ennemi depuis la bataille de Stalingrad jusqu’à Berlin.

À l’issue des cérémonies, le président Berdymoukhamedov a eu un entretien avec le colonel général Fomine. Les parties se sont félicitées des relations entre le Turkménistan et la Russie et ont exprimé leur confiance réciproque quant au renforcement de l’amitié et du partenariat stratégique entre les deux pays.