dimanche, 21 juin 2020

Le pétrole et le gaz, secteurs stratégiques pour le Turkménistan

En dépit de la diminution mondiale de la demande en hydrocarbures provoquée par le ralentissement de l’activité économique dans de nombreux pays en raison de la pandémie du SARS-CoV-2, le complexe pétrolier et gazier demeure un secteur stratégique de l’économie du Turkménistan. Les analystes s’accordent sur le fait que les besoins en énergie fossile retrouveront leur niveau d’avant l’épidémie et que le développement des économies d’Asie, notamment chinoise, mais aussi pakistanaise, indienne et des pays du sud-est asiatique, dopera la demande de gaz turkmène.

Comme les hydrocarbures constituent l’une des principales ressources naturelles du Turkménistan, les industries pétrolière et gazière d’extraction et de transformation sont considérées par les autorités non seulement comme un moyen d’assurer l’indépendance énergétique et la sécurité du pays, mais encore comme un socle solide pour son progrès et sa prospérité.

Dans ce sens, d’énormes investissements ont été réalisés dans le secteur de l’énergie, en particulier pour développer de nouveaux grands champs pétroliers et gaziers, notamment dans le secteur turkmène de la mer Caspienne et, sur la rive droite de l’Amou-Daria, le champ gazier géant de Galkynych, qui possède d’énormes réserves de gaz naturel.

De ce fait, les volumes de production de pétrole et de gaz ont considérablement augmenté. À titre d’exemple, il convient de citer le fait qu’au cours de cinq premiers mois de cette année, plus de 4 millions de tonnes de condensats de pétrole et de gaz ont été récupérées dans les puits d’extraction, soit presque autant que pour l’ensemble de l’année 1996.

Les capacités de production des raffineries de pétrole ont augmenté, l’industrie pétrochimique a reçu un puissant élan de développement, la qualité des produits a augmenté et leur gamme s’est élargie. Le pays maîtrise dorénavant la production de polypropylène et de polyéthylène, d’huiles techniques de base, de diesel hydrotraité et d’essence synthétique.

Il convient de remarquer que le Turkménistan satisfait pleinement ses besoins intérieurs pour les principaux types de produits pétroliers. Ainsi, depuis le début de cette année, plus de 746 000 tonnes de carburant diesel ont été produites, ainsi que 750 000 tonnes d’essence, soit 70 000 tonnes de plus qu’à la même période l’année dernière.

Bien entendu, l’augmentation du potentiel gazier et la diversification des approvisionnements énergétiques vers les marchés mondiaux revêtent une importance stratégique pour l’économie du Turkménistan. Dans ce domaine, plusieurs projets ont été mis en œuvre avec succès, notamment la construction du gazoduc Turkménistan-Chine via l’Asie centrale. Le projet de gazoduc Turkménistan-Afghanistan-Pakistan-Inde, en cours de réalisation, est appelé à devenir une étape importante dans le développement d’une infrastructure de transport de gaz à vecteurs multiples.

En dépit de la baisse de la demande mondiale, la production de gaz naturel a été de quelque 30 milliards de m3 entre janvier et mai, dont plus de 14 milliards ont été exportés : ces chiffres sont sensiblement les mêmes que ceux de l’année dernière pendant la même période. En revanche, plus de 86 000 tonnes de gaz liquéfié ont été produites, soit 13 000 tonnes qu’au cours des cinq premiers mois de 2019.

Bien entendu, à mesure que le Turkménistan se modernise, la demande de gaz naturel sur le marché intérieur augmente aussi. Une part de plus en plus importante de la production est affectée aux nombreuses installations industrielles et sociales qui sont mises en service, mais aussi aux usines de transformation et de traitement du gaz (fabrication d’essence et de produits synthétiques à forte valeur ajoutée), à l’industrie chimique et à la production d’énergie électrique.