samedi, 07 février 2015

Le point sur la stratégie d’exportation des hydrocarbures

Au cours de sa réunion d’hier, le Cabinet des ministres s’est longuement penché sur les questions gazières et pétrolières dans la perspective du développement du complexe énergétique du pays, de l’introduction de technologies innovantes et de l’implication d’investissements étrangers dans les projets d’infrastructures importantes. Le président Berdymoukhamedov a confié une série de missions aux responsables du secteur des hydrocarbures.

Le ministre des Industries gazière et pétrolière et des Ressources minérales a confirmé que les réserves du pays en hydrocarbures s’élevaient à 71,2 milliards de tonnes d’équivalent pétrole, dont 18,2 milliards en offshore. Dans ce volume, le gaz représente plus de 70 %.

Actuellement, le gaz turkmène est exporté en direction de la Russie, de l’Iran et de la Chine.

Le gazoduc Turkménistan-Chine, en service depuis la fin de 2009, voit ses capacités augmenter régulièrement par l’adjonction de nouvelles lignes. Les deux premières branches ont atteint la capacité annuelle de 30 milliards de m3 à la fin de 2010. Fin 2014, une troisième branche, d’une capacité de 25 milliards de m3 par an, a été mise en service. Elle sera totalement opérationnelle cette année.

Une quatrième branche est actuellement en construction : elle passe par l’Ouzbékistan, le Tadjikistan et le Kirghizistan, et portera les exportations vers l’est à 80 milliards de m3 en 2017. Selon les accords signés entre la société nationale chinoise CNPC et le consortium d’État Turkmengaz, les ventes de gaz à la Chine devront atteindre 65 milliards de m3 par an à la fin de 2021.

La stratégie du Turkménistan pour diversifier les exportations de son gaz tient compte, évidemment, de ses capacités d’augmentation de sa production. Les voies prévues dans un proche avenir sont les suivantes :

  1. les gazoducs Turkménistan-Chine, nous l’avons vu, avec un volume prévu de 65 milliards de m3 par an en 2021 ;
  2. les ouvrages en service vers la Fédération de Russie – jusqu’à 10 milliards de m3 par an, bien que les possibilités d’exportation par les infrastructures existantes soient bien supérieures ;
  3. les ouvrages en service vers la République islamique d’Iran: jusqu’à 20 milliards de m3 par an.
  4. le gazoduc prévu Turkménistan-Afghanistan-Pakistan-Inde (TAPI), avec une capacité de 33 milliards de m3 par an.
  5. Le gazoduc prévu sous la mer Caspienne, avec une capacité de 30 milliards de m3 de gaz par an.

À terme, le volume des exportations gazières du Turkménistan est susceptible d’atteindre entre 160 et 170 milliards de m3 annuels, avec la perspective d’une augmentation de 10 milliards de m3 par an. Cela signifie que le volume total de gaz exporté sur les cinq routes prévues s’élèvera à quelque 5 400 milliards de m3 en 30 ans, ce qui représente en gros les réserves du seul gisement Galkynych (26,2 milliards de m3).

Alors que les travaux d’exploration de nouveaux gisements se poursuivent, il est possible de conclure que le Turkménistan possède suffisamment de potentiel pour alimenter non seulement les cinq routes prévues, mais également d’autres qui pourraient apparaître dans la durée.