La coopération dans le domaine du gaz entre Achgabat et Moscou, reprise en 2019 après quatre ans d’interruption, est en train de devenir un élément du partenariat stratégique à long terme, si l’on en croit les mots prononcés par Alexandre Blokhine, l’ambassadeur de Russie au Turkménistan, lors d’une réunion d’information donnée le 10 juin pour les médias turkmènes et étrangers. Selon lui, ce partenariat russo-turkmène s’étend à un nombre croissant d’industries manufacturières dans les deux pays.

Il peut sembler à première vue surprenant que la Russie, leader mondial en termes de réserves, de production et d’exportation de gaz naturel ait besoin du gaz turkmène. Ce paradoxe s’explique par la localisation des ressources et de la production de gaz très inégalement reparties sur le territoire immense de la Fédération de Russie. Elles sont principalement concentrées dans les zones difficiles d’accès de Sibérie et de la zone arctique. Cela rend difficile la pose de gazoducs pour l’approvisionnement de zones éloignées des sites d’extraction. Dans ces conditions, les importations en provenance du Turkménistan (et d’Ouzbékistan) permettent donc de stabiliser la fourniture de gaz dans des régions comme l’Oural, le Caucase du Nord ou les rives de la mer Caspienne.


Le Turkménistan s'est engagé depuis plusieurs années dans une politique de transfert vers le privé d’une partie des biens de l’État. Rappelons que, pendant la période soviétique, à l’exception de quelques coopératives de travailleurs, la plupart des entreprises, comme la terre et l’essentiel du parc immobilier, appartenaient à l’État. La privatisation apparaissait comme une condition sine qua non pour favoriser l’esprit d’entreprise, créer des conditions pour attirer des investissements et développer une économie de marché efficace. Au Turkménistan, la loi « sur la dénationalisation et la privatisation des biens de l’État » a jeté la base juridique, économique et organisationnelle d’un vaste mouvement de transfert de la propriété étatique.

La loi repose sur deux concepts de base : la « dénationalisation », c’est-à-dire la transformation d’une entreprise publique en une société par actions ou une entreprise d’une autre forme juridique, dont le fondateur – ou l’un des fondateurs – est l’État ; la « privatisation », c’est-à-dire le transfert de biens appartenant à l’État à la propriété de particuliers et/ou d’entités juridiques non publiques.


En dépit de la diminution mondiale de la demande en hydrocarbures provoquée par le ralentissement de l’activité économique dans de nombreux pays en raison de la pandémie du SARS-CoV-2, le complexe pétrolier et gazier demeure un secteur stratégique de l’économie du Turkménistan. Les analystes s’accordent sur le fait que les besoins en énergie fossile retrouveront leur niveau d’avant l’épidémie et que le développement des économies d’Asie, notamment chinoise, mais aussi pakistanaise, indienne et des pays du sud-est asiatique, dopera la demande de gaz turkmène.

Comme les hydrocarbures constituent l’une des principales ressources naturelles du Turkménistan, les industries pétrolière et gazière d’extraction et de transformation sont considérées par les autorités non seulement comme un moyen d’assurer l’indépendance énergétique et la sécurité du pays, mais encore comme un socle solide pour son progrès et sa prospérité.


Dans le but de développer son industrie, de diversifier son économie et d’équilibrer son commerce extérieur, le gouvernement du Turkménistan a lancé un programme de substitution des importations en soutenant la production d’une large gamme d’articles pouvant avantageusement remplacer des articles d’importation parce que qualité équivalente et moins chers.

Il s’agit aussi, par ce biais, de soutenir l’introduction de mécanismes de marché, la création d’entreprises privées et la génération d’innovations. Le programme permet également d’augmenter le rôle des entrepreneurs dans la modernisation structurelle de l’économie et de renforcer l’industrie du pays.


Les deux villes homonymes de Sarakhs, de part et d’autre de la frontière entre le Turkménistan et l’Iran, sont désormais reliées par un nouveau pont routier. En raison de la situation sanitaire mondiale, c’est par vidéoconférence que les responsables des deux pays ont célébré la mise en service de l’ouvrage. La partie turkmène était dirigée par le ministre de la Construction et de l’Architecture, Rakhym Gandymov, et la délégation iranienne par le ministre des Routes et du Développement urbain Mohammad Eslami.

Après avoir noté l’importance du développement des itinéraires de transport dans la période actuelle, les parties se sont félicitées de l’ouverture du nouveau pont routier, résultat d’une activité commune et coordonnée entre les deux pays. Cette réalisation est ainsi le symbole du renforcement de la coopération bilatérale dans le domaine du transport.

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