Avec le lancement de la construction du tronçon afghan du gazoduc TAPI (Turkménistan-Afghanistan-Pakistan-Inde), en février dernier, ce projet colossal destiné à fournir les pays traversés en gaz naturel turkmène s’est enfin ancré dans le réel. Dans cet article (en anglais), M. Gilles Rémy, président de CIFAL, examine les avantages économiques et politiques – mais aussi les risques – que le nouveau gazoduc apportera aux pays concernés, ainsi que les implications pour l’Union européenne et la Russie. Voir l'article

TAPI Gas Pipeline: A Strategic Project Contributing to Peace and Stability in Central and South Asia

 


Au cours d’une cérémonie officielle en présence du président Gourbangouly Berdymoukhamedov, la construction de la section afghane du gazoduc Turkménistan-Afghanistan-Pakistan-Inde (TAPI) a été lancée officiellement à Serhetabat, province de Mary, à la frontière sud du Turkménistan, puis à Herat, en Afghanistan, par la jonction des segments turkmène, en voie d’achèvement, et afghan, dont la réalisation commence.

Dans le même temps, les connexions de deux autres projets ont été lancées. Ils vont suivre l’itinéraire du gazoduc pour créer un corridor énergique et d’information unique dans cette partie du monde. Il s’agit du projet TAP500, une ligne de transfert d’électricité du Turkménistan vers l’Afghanistan et le Pakistan, et du projet de liaison par fibre optique TAP, d’abord entre ces trois pays puis, dans un deuxième temps, jusqu’en Inde. La cérémonie s’est complétée par l’ouverture de la ligne de chemin de fer modernisée entre Serhetabat (Turkménistan) et Torghondi (Afghanistan) : 13 km qui vont permettre d’augmenter considérablement le trafic de marchandises entre les deux pays.


Dans cet article publié dans le numéro spécial Perspectives 2018 de la revue Entreprendre à l’international (février/mars 2018), Gilles Rémy, P.-D.G. du Groupe CIFAL, vice-président de la commission Eurasie des CCE et président de la Chambre de Commerce France-Turkménistan, a apporté sa vision de la situation économique dans la zone Asie centrale-Caucase et des perspectives que cela ouvre pour la France.

Texte : L’année 2017 aura été une année de reprise pour la région Asie centrale-Caucase. Après une phase morose sur le plan économique, la croissance est repartie, tirée par la hausse du prix des hydrocarbures. Dans la majorité des pays de la région, cette croissance dépasse la moyenne mondiale estimée à 3,5 % en 2017. De zone enclavée, la région passe au statut de corridor des échanges Europe-Asie au cœur des routes de la soie. La coopération interrégionale, si faible depuis l’indépendance de ces États, profite aujourd’hui de l’impulsion de la Chine et d’une nouvelle vision de dirigeants arrivés au pouvoir au cours des deux dernières décennies.

Les échanges diplomatiques et économiques intra régionaux ont connu une dynamique nouvelle au cours de l’année écoulée avec, comme traduction concrète pour les populations, la reprise des vols entre plusieurs capitales. Ce qui peut paraître banal d’un point de vue européen n’était pourtant pas évident dans une région où chacun de ces États nouvellement indépendants a privilégié jusqu’alors l’affirmation de sa souveraineté.


Une conférence internationale sur le thème « La diplomatie de la Route de la Soie : triomphe de la paix, de l’amitié et de la coopération » s’est tenue à l’Institut des Relations internationales du ministère des Affaires étrangères, à Achgabat. Les débats, qui ont réuni des membres du corps diplomatique turkmène, des représentants des ambassades étrangères et des organisations internationales présentes dans le pays, ainsi que des universitaires et des étudiants, ont porté sur le concept de politique étrangère du Turkménistan pour les années 2017-2023.

Selon les orateurs, la neutralité étant la ligne directrice du pays, elle doit permettre dans les années à venir d’approfondir encore la coopération du pays avec ses différents voisins et partenaires, comme avec les organisations internationales et augmenter ainsi le poids et le rôle du Turkménistan dans le monde.


La société française Bouygues Bâtiment International a été choisie par le gouvernement turkmène pour la réalisation de quatre projets d’envergure à Achgabat, notamment un Centre international de congrès et un grand hôtel de luxe.

Comme notre site l’indiquait en octobre dernier, le président Berdymoukhamedov avait alors rencontré un représentant de Bouygues qui lui avait présenté, sur site, les constructions projetées. Cela faisait suite à l’audience que le chef de l’État avait accordée à Martin Bouygues, le président du groupe, le mois précédent. Les détails des projets n’avaient guère filtré, à ce moment. Le voile est désormais levé.